La cuisine comme vocation

Il y a près de 10 ans, Malick étudiait l'informatique et se destinait à une carrière “derrière un écran”. Si la restauration n’était au départ “qu’un moyen de financer sa formation” il a finalement décidé d’en faire son métier. Armé d’un BTS cuisine, obtenu après son parcours dans l’informatique, il a multiplié les expériences en CDI avant de devenir chef indépendant.

Aujourd’hui, il met ses compétences et son talent au service des plus vulnérables dans les EHPAD de la région parisienne et nous raconte son parcours, ses perspectives et les raisons qui le poussent chaque jour à “mettre du bonheur dans la vie des gens”.

Le contact humain comme motivation

“Dites au chef que je me suis régalé(e)” cette phrase, qu’aime entendre Malick, est la raison qui l’a poussé à faire de la cuisine son métier.

Je ne pouvais pas m'imaginer passer ma vie derrière des écrans, j’ai trop besoin de contacts humains. Ce qui me rend heureux c’est de me dire que régaler les gens c’est un métier et que c’est mon métier !

Son envie d’être au contact des autres et de les “régaler” a pris tout son sens au moment du confinement. Lui, qui était plutôt habitué à travailler pour des brasseries traditionnelles ou des traiteurs n’a pas hésité à accepter des missions dans des EHPAD pour mettre sa créativité, ses savoir-faire et son talent au service des résidents.

J’avais effectué une formation pour pouvoir travailler dans le secteur médico-social et c’est vrai qu’au départ ce n’était pas l’environnement le plus attractif pour moi, mais j’avais tort ! Les missions sont passionnantes et très enrichissantes. Les personnes que l’on sert ne peuvent pas aller manger ailleurs, donc on a une grande responsabilité et on doit leur faire plaisir.

Des souvenirs et des moments forts partagés avec les résidents lors de ses missions, Malick pourrait en raconter des dizaines, mais le plus marquant s’est déroulé cet été :

Un matin, j’arrive en cuisine de bonne heure et je découvre que le chef est en "quatorzaine" par mesure de sécurité. Jusque-là tout va bien car je sais travailler tout seul mais j’apprends qu’une animation américaine est prévue pour le déjeuner avec les résidents et leur famille ! Des situations “coup de feu” comme ça j’en ai l’habitude car j’ai longtemps travaillé chez des traiteurs, mais je voulais pas rater cette animation là, elle était trop importante pour les résidents car l’établissement venait tout juste d’autoriser les visites. Finalement, avec l’aide de la Directrice nous avons réussi à servir tous les convives et à préparer un barbecue géant en respectant les mesures sanitaires. C’était un bel événement et ça m’a vraiment ému de voir tous ces sourires et de partager leur bonheur.

L’excellence comme moteur

Lorsqu’il débute sa carrière de cuisinier, Malick choisit la restauration collective et travaille dans un restaurant d’entreprise. A l’époque, il y a près de 10 ans, il constate que le “fait maison” n’est pas une priorité. Pourtant, son chef veut faire bouger les lignes et lui apprend les fondamentaux pour allier gourmandise et qualité dans ce secteur.

Je ne connaissais rien à la pâtisserie à l’époque, mais j’ai appris ! Servir des desserts “fait maison” a vraiment fait la différence. Petit à petit le chef m’a laissé de plus en plus de “place” pour que je puisse proposer des innovations sur les recettes et les assaisonnements, je lui dois beaucoup.

Il acquiert ensuite de nouvelles compétences, notamment en gestion et en organisation, en travaillant dans des brasseries et chez des traiteurs. Son goût pour l’excellence et la qualité est le véritable moteur de Malick.

Chaque matin je suis motivé car je vais faire ce que j’aime et je ne veux pas décevoir mes clients ! Je suis mon seul représentant, du coup, si un client n’aime pas ma prestation il ne voudra plus travailler avec moi donc je dois être à la hauteur.

L’ouverture de son propre restaurant comme perspective

Lorsqu’on évoque son avenir, Malick sait qu’il ouvrira un jour son propre restaurant. Ses différentes expériences et le fait d’être “son propre patron" depuis 3 ans l’aident à construire ce projet ambitieux. En attendant c’est toujours avec passion et détermination qu’il continue à faire des prestations dans le secteur médico-social.

Dans un EHPAD c’est entre 50 et 70 couverts midi et soir ! Avec en plus le petit-déjeuner et le goûter. C’est exactement comme gérer son propre restaurant ! Je serais très heureux le jour où mon établissement sera aussi rempli (rires).

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